A force d'observer les photographies et les cartes postales nous avons ressenti un certain malaise.

Au début c'était flou comme sensation, puis l'évidence est apparue. Vous allez comprendre.

Voilà l'état actuel qui n'a fait que reproduire l'existant.

DSCN0007[1] - Copie

 

Et voilà ce que nous avions comme document ancien.

rectorie - Copie - Copie

 Alors ? Alors, en général, le haut des églises romanes évoque le cercle qui surmonte le carré.

Le carré c'est le monde créé, le visible, et le cercle symbolise le supérieur, le sacré. Il y a bien habituellement un dôme sur l'édifice !

On a ici une sorte de chapeau minable posé sur la partie circulaire centrale. Ce n'est pas logique, ça fait "moche", on subodore de l'ajouté. L'orifice central médian a été renforcé comme si on craignait qu'il ne s'effondre.

Autre chose qui choque : les deux pyramides sont inégales, et si j'ose dire "baclées". La pyramide de gauche repose sur une base plus large que celle de droite. La base du pilier gauche  plus large comprend des pierres nouvelles par rapport à la construction d'origine.

Conclusion : Tout a été réparé et ce que nous observons ici n'est pas d'origine.

Ce n'est pas la vraie Rectorie.

J'ai eu la conviction que le temps ayant fait son oeuvre il fallait tout réparer et que ces réparations avaient été réalisées lors de l'addition de la nef sud au XVIIIème siècle.

Pour expliquer la nécessité de la réparation de ces dégats que j'attribuais à l'effet du  temps, Nicolle propose des explications qui me séduisent.

Les orages auraient éventuellement pu causer des dégats au clocher et à la mise en place de l'horloge il aurait fallu consolider cette partie. J'avoue ne pas y avoir pensé. D'ailleurs les réparations 2015 ont imposé la mise en place d'un paratonnerre.

Mais Nicolle a fouillé encore plus loin, et là...elle a fini par me convaincre. Voici un extrait de son message :

 "Je pense aussi que les Pyrénées, en perpétuelle formation par la dérive de la Plaque ibérique qui vient buter contre la Plaque européenne, sont une zone sismique et que le clocher a pu être l'objet de réparations à maintes reprises, antérieurement au XVIIIème, Je vous envoie ce texte sur le violent tremblement de terre de 1428 (9° sur l'échelle MSK qui en compte 12 !!!), pour ne citer que lui :

2 février 1428, épicentre Olot : Il s’agit du séisme le plus important connu dans la région. Il est appelé "séisme de la Chandeleur" et touche toute la Catalogne avec son épicentre à Olot. Il s’est produit une série de secousses d’importance équivalente qui ont entraîné la mort de 100 à 200 personnes. A Prats de Mollo, des remparts et édifices sont détruits. L’intensité a été estimée à un niveau IX sur l’échelle MSK. Le village subit de tels dommages qu’Alphonse d’Aragon accorde des indemnités aux victimes, autorise une levée des impôts et crée des revenus exceptionnels pour la réparation des ponts, des chemins et des remparts. De plus, le 20 juillet, Jean II, évêque d’Elne, accorde l’autorisation d’élever une chapelle votive en l’honneur de Sainte Marguerite La commune d’Arles sur Tech est, elle-aussi, très endommagée. L’intensité, est aussi de IX sur l’échelle MSK. Les dégâts sont à peine moins nombreux qu’à Prats de Mollo où des remparts et des tours sont démolis. Le clocher de l’abbaye de Saint Martin du Canigou et une partie de l’église s’écroule. Certains murs sont détruits jusqu’aux fondations. Le niveau MSK devait être de VII. Le monastère de Fontclara à l’est du Boulou est dévasté. Les bâtiments d’Olette sont fortement endommagés. A Céret et Perpignan, la population est prise de panique. Claira subit des écroulements de maisons. Ce séisme est, encore aujourd’hui, l’évènement de référence en matière de tremblement de terre. Il fait partie des deux plus grands séismes au niveau européen.

19:37 Écrit par catalan66270 dans Sciences : volcanisme et volcanologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : albères, catalogne, vallespir, volcans, volcanisme, volcanologie |

Alors, oui, Nicolle, votre supposition me séduit. Le séisme a probablement ébranlé notre église. Il est évident qu'ayant plus de 300 ans, notre Rectorie a souffert. Ils ont probablement tout consolidé comme ils ont pu, quitte à élargir les parties qui ont souffert. Puis avec l'horloge et la construction de la nef sud, tout a été chamboulé, la symétrie perdue et irrécupérable, mais l'essentiel sauvegardé. Le Maître d'Oeuvre était mort depuis longtemps, l'argent manquait, on a fait l'essentiel.

Mais comment retrouver la Rectorie initiale ?

C'est ce que vous saurez dans le prochain épisode "Retour à la Rectorie fin"